Politique et Jeux vidéos : l’éternelle polémique

Jean Luc Mélanchon s’est insurgé contre le dernier Assasin’s Creed Unity. Je cite : « C’est de la propagande contre le peuple. Le peuple, c’est des barbares, des sauvages sanguinaires. Et celui qui est notre libérateur à un moment de la Révolution, Robespierre, est présenté comme un monstre. On dénigre pour dénigrer ce qui nous rassemble, nous les Français. C’est une relecture de l’histoire en faveur des perdants et pour discréditer la République une et indivisible. »

Et son ami Alexis Corbière de parler de manipulation : « A tous ceux qui vont acheter Assassin’s Creed Unity, je leur souhaite un moment agréable, mais je leur dis aussi que le plaisir de jouer n’empêche pas de réfléchir. Jouer oui, mais ne vous laissez pas manipuler par ceux qui font de la propagande. »

Sans rentrer sur le fond, c’est à dire la figure de Robespierre et de la violence sous la Révolution, c’est encore une étape de l’incompréhension, voire de l’hostilité, des politiques envers les jeux et la culture geek en général (on pense aussi aux dangers des jeux de rôles).

Reprenons les principales critiques :
* Les jeux rendent violents (pensons à toutes les polémiques autour de GTA) et sont mis au banc des accusés en cas de crimes de masse (comme aux Etats-Unis).
gta

* Les jeux sont ethnocentrés voire racistes, Call of Duty Ghosts par exemple qui mettait les joueurs dans la peau de soldats américains alors que l’Amérique du nord était envahie par celle du sud. Pensons aussi à civilisation qui a été accusé de faire la part belle aux civilisations occidentales (historiquement pourtant les plus influentes) et qui en conséquence, d’épisode en épisode, rajoute des civilisations non européennes en masse (exemple ici notre représentant du Mali, civilisation sans écrit mais civilisation tout de même selon nos critères actuels). Pour Tony Fortin, l’omniprésence de l’homme blanc et guerrier qui sauve la communauté par la force n’a rien d’anodin. « En incorporant ces valeurs, de jeu en jeu, dans notre vie à tous, ces produits ludiques fabriquent du consentement ». Le parallèle est intéressant avec les programmes d’histoire de collège qui mettent aussi en évidence à présent les civilisations chinoises, ou maliennes.

civ5
* Pas assez écolos : ainsi les jeu comme SimCity mettraient trop en avant l’étalement urbain au détriment de la mixité sociale et de l’écologie…

* Les jeux seraient machistes, pas assez d’héroïnes ou trop de pin-up quand il y en a (pensons à Lara Croft ou aux filles de Dead or Alive)

Il est certain que comme tout fait social, le jeu révèle des instincts et reprend la mémoire de la société sur un sujet (exemple : les anglo-saxons sont beaucoup moins pudiques pour parler des massacres de la Révolution) mais de là à parler de propagande, qui inclut la volonté de manipuler…

Encore une fois, rien ne vaut la culture, mais des jeux d’histoire peuvent être une porte d’entrée, et non une arrivée, vers la culture, une mise en bouche qui donnera envie de s’intéresser au fond. Seuls les plus jeunes, et c’est alors la responsabilité des parents, ou les plus crédules, qui seraient influencés par autre chose, peuvent prendre les jeux aux pieds de la lettre.

En tout cas, le fossé entre la culture geek et les élites restent énorme et n’est pas prêt de se combler.

Allez une petite vidéo du jeu en question pour se faire sa propre idée et plaisir 😉

Enzolior

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